Les Diables rouges affronteront les Lions de la Teranga, lors de la première journée des éliminatoires de  la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2021. Leur sélectionneur a reconnu, dans cet entretien avec Les Dépêches de Brazzaville, que la rencontre du 10 octobre à Bangkok contre la Thaïlande n’est  pas le rendez-vous idéal pour préparer ce match.

 

Les Dépêches de Brazzaville (L.D.B.) : Le Congo a disputé son dernier match en mars contre le Zimbabwe, dans le cadre de la dernière journée des éliminatoires de la CAN 2019. Pourquoi ce vide ?

Valdo Candido (V.C.) : Le  manque de match  ne dépend pas de moi. Vous connaissez la situation du pays  de façon générale. Sortir de l’argent pour le football uniquement et oublier les hôpitaux et les écoles, cela devient plus compliquer. C’est l’un des points qui justifie ce vide. Malheureusement, la Fédération congolaise de football n’est pas autonome. Elle dépend de l’argent de l’Etat… L’idéal serait que nous jouions chaque match Fifa. Mais face à ce constat, nous sommes impuissants, alors que ces matches pouvaient nous permettre de développer la cohésion entre les joueurs locaux et ceux de la diaspora.

 

L.D.B.: Le Sénégal, votre prochain adversaire, va se mesurer avec le Brésil. Pourquoi avez-vous choisi la Thaïlande pour cette journée Fifa ?

V.C.: Ce n’est pas le Congo qui a choisi la Thaïlande. C’est la Thaïlande qui nous a choisis. Dieu merci parce que c’est ce pays qui paie tout. Si nous ne saisissons pas cette opportunité, nous passons une foisde plus à côté de la préparation parce que la situation du pays est très compliquée. La Thaïlande, ce n’est pas le top mais c’est mieux que rien.

 

 L.D.B.:  Ce match suffit- il pour vous préparer contre le Sénégal ?

V.C.: Ce n’est pas un match idéal pour préparer la rencontre  contre le Sénégal.  C’est beaucoup plus le rassemblement qu’on fera à Brazzaville.  Je connais mon groupe puisqu’il y a des joueurs qui travaillent avec moi depuis ma prise de fonctions.  Mais ce qui va faire véritablement la différence pour le match, c’est le mental. Cela se passe dans la tête des joueurs. C’est à eux de dire que nous sommes capables. Il y a une grande différence au niveau des joueurs. Depuis qu’on avait fait le tirage au sort, j’avaisi dit  » Il faut être prêt mentalement pour jouer contre le Sénégal ». Il a les atouts pour nous battre sans pitié. Mais nous allons bâtir des stratégies pour le contrer. Après le match contre la Thaïlande, on va essayer de travailler pour préparer celui qui nous opposera au Sénégal.

 

L.D.B.: Dans votre liste, il y a des joueurs qui manquent de temps de jeu. Pourquoi les avoir sélectionnés?

V.C.: La liste que j’ai proposée ne sera pas là même contre le Sénégal. La base est là. Il y a des joueurs que je connais et que je n’ai pas forcément besoin de les convoquer comme Ganvoula. Aujourd’hui, tout le monde parle de lui mais quatre mois avant, personne ne voulait de lui. Il marque, c’est tout à fait normal.  Si je veux faire quelque chose de positif contre le Sénégal mais pas pour le match contre la Thaïlande. Obambot, je le connais et je sais comment l’utiliser.  Contre la Thaïlande, je le mettrai sur le terrain pour avoir une idée. Même chose pour Ibara. C’est l’un des joueurs importants de l’effectif.  Il y a d’autres qui peuvent faire quelque chose et je suis leur évolution. Contre le Sénégal, il faut aligner des guerriers, des joueurs agressifs sinon nous échouerons parce que le Sénégal ce n’est pas le Liberia.  J’ai fait le choix d’Obambot parce que je connais comment l’utiliser, il en est de même de Gaius Makouta. Je veux des joueurs vraiment costauds parce que le Sénégal, à part  Mané, a Idrissa Gueye, des joueurs qui  sont grands de taille.  Je suis en train de chercher un équilibre. La première liste que j’ai faite avait trente noms pour jouer deux matches ici à côté. L’un des matches allait me permettre de tester d’autres joueurs. Vous devrez aussi savoir que des joueurs sans club qui arrivent en équipe nationale ne s’affirment toujours pas. Par contre, il y en a ceux qui sont moyens dans leurs clubs mais, dans l’équipe nationale, deviennent costauds.

 

L.D.B.:  Dans votre première liste figuraient des nouveaux joueurs de la diaspora. Sont-ils prêts à jouer pour le Congo ?

V.C.: Warren Tchibembé et Eden Massouema n’ont  pas de passeports. Celui de Christoffer  Mafoumbi a expiré. Il y a Bradley Mazikou qui joue en CSKA Sofia. Je le trouve très fort, avec une bonne taille et une vitesse d’exécution. Nous tentons de le convaincre pour jouer avec nous car l’équipe nationale, c’est quelque chose de positif et non de négatif. Il y a  aussi Poaty Morgan qui joue à Guingamp et qui a opté pour la France. Il ne veut pas venir.  Nous avons eu des échéances avec ces joueurs y compris  Nsoki qui joue à Nice. Comment les convaincre de jouer pour le Congo? Aujourd’hui, c’est difficile pour les faire venir. Vous êtes journaliste et connaissez les raisons que je ne peux pas évoquer.

 

L.D.B.: Vous allez vivre votre deuxième campagne sur le banc des Diables rouges. Qu’aimeriez_vous changer ?

V.C.: Le problème en Afrique, c’est l’arrivée des joueurs, notre grand souci. L’autre, c’est que nous n’avons pas le temps de bien travailler. C’est différent lorsque vous avez une équipe comme le Sénégal qui a des joueurs dans des grandes équipes (Paris, Monaco, Rennes, Liverpool, Galatasaray, Inter de Milan, etc.). Ils jouent pourtant à un haut niveau mais respectent les délais.

 

L.D.B.: La qualité de l’effectif du Sénégal vous cause déjà du souci ?

V.C.: Nous devons être soudés en se disant que nous pouvons faire quelque chose de spécial. Mais pour y arriver, il faut travailler tous ensemble. Si on pense qu’on peut faire jeu égal avec le Sénégal, on se trompe. Il faut savoir qu’ils sont beaucoup plus forts que nous. Nous devons savoir analyser l’adversaire qui a aussi ses points faibles même s’ils ne sont pas nombreux. C’est là que nous pourrons en profiter. Il y a beaucoup de choses qui peuvent se passer dans ce match. Après cette rencontre, on jouera à domicile face à la Guinée Bissau qui a été deux fois de suite à la CAN pendant que nous étions absents. Les gens qui vont faire la différence, ce sont les joueurs qui doivent  montrer  qu’ils ont envie de relever le défi. Je ne vous dis pas qu’on va écraser le Sénégal, c’est faux. On peut faire un bon résultat en s’inspirant de Reims qui a battu récemment Paris Saint Germain grâce à la détermination et la discipline tactique. Si un groupe a envie de faire quelque chose, c’est avant tout le moral. Nous avons de bons joueurs dans notre équipe (Bifouma, Merveil, Makiessé, Amour…), on peut faire un grand boulot. C’est la discipline qui fera la différence.

 

Propos recueillis par James Golden Eloué/Adiac

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